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Accoucher sous les flashs d'une photographe? Why not! - Partie 2

Crédit photo : Julie Dessureault
Accoucher sous les flashs d'une photographe? Why not! - Partie 2
It’s done!
(Je vous recommande la partie 1 de mon récit avant de lire ce qui suit)
 
Après beaucoup d’organisation, de planification et de magasinage, c’est fait. J’ai vécu mon accouchement avec la présence d’une photographe professionnelle, Julie Dessureault (et aussi celle de l’amoureux, de ma gynécologue, d’une gang d’infirmières et d’un anasthésiste, of course). Pour le meilleur et pour le pire, l’événement est immortalisé en HD.
 
Comment c’était?
 
Perte de liquide, ride de char dans un orage de fin du monde sur l’autoroute 10, blabla avec les infirmières, prend un bain, met une jaquette, j’ai un bracelet d’hôpital, j’appelle ma photographe pis je lui dis « GOOOOOO! »
 
Je me dis que je vais attendre qu’elle arrive avant de demander une épidurale parce que peut-être qu’elle va vouloir prendre des photos de moi à quatre pattes sur le lit pendant que je gère ma douleur me désorganise. Après 15 minutes de gestion, je réclame l’anesthésiste. Ce dernier et ma photographe sont arrivés en même temps, le show pouvait commencer.
  
Vous vous souvenez que je m’étais acheté un magnifique soutien-gorge en vue de cette séance photo? Et bien l’infirmière a décidé que je serais ben mieux en jaquette d’hôpital à motif flocons de neige, pas de soutien-gorge. Désorientée, j’ai accepté. Finalement, lorsqu’est venu le temps de pousser, j’ai annoncé que je voulais mettre ma belle brassière pis fuck les flocons. J'ai été exaucée.
 
Qu’est ce que ça a changé d’avoir une photographe avec moi? Tout et rien à la fois. J’avoue avoir pensé à quelques reprises à m’allonger le cou pour ne pas avoir de double menton sur les photos. J’avoue avoir regardé l’amoureux avec tendresse/passion/émerveillement en espérant que ça ressorte bien en image. J’avoue avoir tenté de positionner mon bras de façon optimale pour avoir l’air d’avoir plus de tonus que j’en ai. Je vivais un des moments les plus intenses de ma vie, mais je reste une femme préoccupée de son mou de bras.
 
En même temps, je n’ai aucun souvenir d’avoir vu ma photographe pendant mon travail. Jamais je ne me suis sentie gênée ou mal à l’aise par sa présence. J’ai grogné quand j’en ai eu envie, j’ai dit les niaiseries qui me passaient par la tête (« attention de ne pas défaire mes cheveux » est un bon exemple) et j’ai pleuré quand j’ai senti que l'infirmière déposait mon fils sur mon ventre, tout gluant d’amour.

J’ai réalisé sa présence quand tout a été terminé, quand ma gynécologue et les infirmières ont quitté ma chambre en emportant tout le matériel d’obstétrique. Il ne restait que nous quatre; l’amoureux, mon fils, ma photographe et moi.
  
« Pis Julie, est-ce que la lumière était assez bonne? As-tu pu prendre les photos que tu voulais? »
 
Elle s’est mise à rire. Étrangement, c’était un moment très apaisant. Nous avons tous regardé mon petit garçon, le soleil se levait et c’était beau.
  
Julie nous a rapidement laissés entre nous. Je ne pourrai jamais assez la remercier pour le regard qu’elle a posé sur nous au travers de sa caméra.
 
Qu’est-ce que vous pensez de ce genre d’expérience? Seriez-vous prêtes à tenter le coup?