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Me niaises-tu : rien à foutre des problèmes de vos enfants

Crédit photo : BkrmadtyaKarki/Pixabay
Me niaises-tu : rien à foutre des problèmes de vos enfants
Si vous êtes comme moi, un des aspects que vous aimez le plus de TPL Moms est cette ouverture sur les sujets qui sont souvent tabous. C’est particulièrement le cas de la santé mentale. Plusieurs collaboratrices vous ont parlé de leurs difficultés ou encore celles de leurs enfants. Dans la majorité des cas, elles ont reçu le soutien d’un psychologue pour les aider.

Un psychologue ce n'est pas un coach de vie. C'est un docteur de la santé mentale qui a approfondi les concepts du fonctionnement humain et qui a les compétences requises pour évaluer, diagnostiquer et intervenir sur les problèmes de santé mentale. Ceci dit, ce genre de service est en péril. 
 
Les psychologues et les doctorants en psychologie se mobilisent présentement pour revendiquer à propos de la situation actuelle de la profession. D’ailleurs, depuis décembre, vous avez peut-être vu la campagne « Me niaises-tu » sur les médias sociaux. 

Les futurs psychologues et les psychologues recherchent, entre autres, à obtenir une rémunération adéquate dans le système public. Pour l'obtenir, un boycottage des internats à partir de l'automne 2016 est annoncé. Ainsi, il manquerait plus de 250 psychologues dans le réseau public, en plus de ceux qu'il manque déjà. Certaines personnes croient que cette revendication est uniquement pécuniaire. Pourtant, non.
 
Le réseau public actuel souffre énormément du manque de psychologues. Les conditions avantageuses qu’offre le milieu privé provoquent un exil des psychologues du public. Les étudiants, qui doivent obligatoirement obtenir leur doctorat pour exercer le métier s’endettent beaucoup et, après leurs longues études, se tournent vers le privé pour se rebâtir financièrement. 

Résultat? Il y a un manque d’accessibilité aux services psychologiques dans les hôpitaux, les CSSS, etc. Vous vivez une dépression post-partum? Vous aurez une peut-être une place dans un an voire deux. Votre enfant vit des difficultés importantes d’anxiété? Sortez votre chéquier et allez au privé. Vous ne pouvez pas attendre et n’êtes pas en mesure de payer 100 $/heure pour voir un psychologue? Alors, pas de chance. 

Le gouvernement lance ainsi le message que la santé mentale n’est pas importante et que seuls les plus fortunés peuvent bénéficier rapidement d’un suivi psychologique.
 
Crédit : Pixabay
 
Présentement, j’effectue mon premier stage dans un établissement universitaire. Sous la supervision de psychologues accrédités, mes collègues et moi faisons l’évaluation complète de diverses problématiques autant auprès des enfants, des adolescents, des adultes et des personnes âgées. Ces gens souffrent, et souvent ils vivent cette détresse depuis longtemps. 

En clinique infantile, nous faisons passer plusieurs différents tests, nous les interprétons, nous faisons de l’observation directe, nous rédigeons des rapports, nous construisons des dossiers professionnels et nous accompagnons l’enfant et sa famille. Bref, nous leur offrons le soutien nécessaire et possible dans les conditions du stage. 

Toutefois, il est déplorable d’entendre des parents dire qu’ils ont frappé à toutes les portes sans jamais avoir été en mesure d’obtenir de l’aide pour leur enfant dans un délai raisonnable. Lorsque les difficultés perdurent, elles se détériorent et se complexifient. Les coûts financiers et sociaux sont alors plus grands que si l’aide était offerte et accessibles dès le départ.   
 
Regardez autour de vous et vous serez rapidement conscients du manque de ressources accessibles en santé mentale. TDAH, dépression, anxiété, faible estime de soi, troubles alimentaires, crises, troubles du sommeil : l’impact de ces troubles sur la vie des enfants peut être dévastateur. Il est important d’assurer un service rapide et complet pour tout parent qui en a besoin, et ce, avant que ce dernier s’épuise et se sente totalement pris au dépourvu. 

Rappelons-nous que les mêmes problèmes de santé mentale peuvent également être présents chez les parents. Les ressources sont donc tout aussi importantes pour les parents, mais, hélas, ce n’est pas le cas.

Pour rectifier la situation déficiente actuelle, les psychologues et les futurs psychologues demandent au gouvernement de mettre en place des mesures pour attirer et retenir les professionnels dans le système public, et ce dans l’intérêt de la société.
 
Si vous croyez également que la santé mentale devrait être une priorité et que la situation actuelle doit absolument être changée, signez la pétition de la Fédération interuniversitaire des doctorants en psychologie ici.

Que pensez-vous du système actuel en santé mentale?