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Quand c'est le sein ou rien

Crédit photo : goodluz/Shutterstock
Quand c'est le sein ou rien
Je suis têtue. La première décision de mère à laquelle je me suis accrochée comme un non-nageur à une bouée, c’est l’allaitement.  Bébé boit toutes les heures? Mes seins gercés menacent de fendre? Je suis devenue une suce géante?  Qu’à cela ne tienne, j’allaiterai. J’ignorais alors qu’un beau problème finirait par me pendre au bout du nez : ma fille refuse maintenant catégoriquement le biberon. #TêtueCommeSaMère

Dans toute la documentation que j’ai lue, on nous met en garde contre la confusion sein/tétine. On suggère de ne pas donner de suce avant quatre semaines. Je craignais tellement que ma fille refuse le sein après avoir bu au biberon à cause des trop nombreuses histoires entendues que j’ai repoussé le moment. Souvent.
 
Crédit: Giphy
 
Puis, est arrivé le jour où je me suis dit que mes seins avaient assez servi de buffet all you can eat. J’avais quelques soirées prévues où amener bébé n’était pas une option et papa avait hâte de s’impliquer dans la partie « nourrir le nourrisson ». J’ai tiré mon lait. Nous avons sorti les biberons. Je suis partie quelques heures. Nous nous disions qu’après les épreuves de l’allaitement, donner un biberon serait un jeu d’enfant. Ah, la naïveté des nouveaux parents!

Évidemment, bébé a pleuré, un peu, beaucoup, passionnément. Nous avons réessayé. Une fois, deux fois, trois fois, beaucoup de fois. Nous avons testé la rangée entière de tétines de la pharmacie. Tous les laits possibles n’ont pu franchir la barrière farouche qu’a levé bébé devant toute forme de caoutchouc. Papa, maman, mamie, tout le monde a tenté le coup avec le même échec. Nous avons changé de pièce, de lieu. Rien de rien n’a fonctionné.

J’avoue avoir un peu pleuré. Égoïstement, l’envie que ma vie ne soit pas juste réglée sur les boires de bébé se faisait de plus en plus présente avec le temps. Le lien d’attachement avec ma fille s’avérait ainsi tellement solide que je ne pouvais pas m’en éloigner plus de trois ou quatre heures à la fois.

Finalement, j’ai abdiqué, mais je vis plus sereinement avec un bébé qui me sourit en tétant qu’avec ses hurlements et notre découragement face aux différentes tentatives. Je garde l’idée que l’introduction des solides dans quelques semaines permettra probablement à bébé de concevoir que je ne suis pas la seule source d’alimentation possible. Sinon, je m'inspirerai de l'expérience de ma collègue Caroline!

Plusieurs êtres vivants suivent le rythme du soleil dans leur journée. Moi, je vis mon été au rythme des boires de mini. Au moins, j’ai gagné mon pari. J’allaite.