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« Mon dieu, tu as de la culotte de cheval! »

Crédit photo : l i g h t p o e t/Shutterstock
« Mon dieu, tu as de la culotte de cheval! »
J’avais 12 ans.
 
J’avais 12 ans quand une tante de ma mère – que j’adore – m’a lancé ces trois mots.
 
J’étais debout, devant elle, en train de raconter une passionnante anecdote de préadolescente, quand cette phrase fatidique est sortie de sa bouche. J’étais debout, vêtue de mon maillot de bain speedo zéro avantageux quand ma tante a trouvé nécessaire de noter que mes hanches n’étaient pas des plus slim, qu’en fait, pour tout dire, j’avais de la cellulite.
 
Ben oui. J’avais de la cellulite –  j’en ai encore d’ailleurs –  et j’étais rondelette. Je profitais de mon gras de bébé en plus des effets bien présents de ma puberté hâtive. J’avais les cuisses et les fesses pleines de vergetures, t’sais, j’étais pas super épanouie dans mon corps. Dans mon corps de jeune fille. Je n’étais pas super épanouie, je n’étais pas super bien avec mes presque formes de femmes, mais je n’étais pas encore tout à fait consciente de mon corps. Je n’avais pas réalisé que les autres pouvaient y poser un regard et, surtout, le juger.
 
« Tu as de la culotte de cheval ». Ça, ça vous pose un regard assorti d’un jugement en moins de deux secondes. C’est le genre de phrases qui s’impriment à l’encre indélébile. Je voyais juste ça. Je me regardais désormais avec les yeux des autres. Si ma tante l’avait vu, c’est que tout le monde sur cette plage où nous étions pouvait en faire autant.
 
Cette phrase a tout changé.
 
Cette phrase lancée à la volée est venue me faire prendre conscience de mon corps et de ses défauts. À 12 ans, je ne comprenais pas tout, mais je savais une chose : la culotte de cheval ce n’est pas socialement joli ; et accompagnée de vergetures ce n'est pas joli pantoute
 
Du 7 au 11 novembre, c’est la semaine « Le poids, sans commentaire », une initiative de l’organisme Équilibre.  Les commentaires sur le poids marquent, et pour longtemps. Ma chère tante, j’espère que tu sais que je ne t’en veux pas, mais que cette fois où tu as cru bon de me parler de ma taille, ça a brisé le petit sac d’innocence qui me restait et j’y ai cru, à ce moment-là, que j’étais « grosse ».En fait, j'y ai cru longtemps. 

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