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Violence conjugale : maintenant vous savez

Crédit photo : Halfpoint/Shutterstock
Violence conjugale : maintenant vous savez
La violence conjugale, c’est quoi ? C’est pernicieux, ça pervertit votre couple comme un venin mortel, ça vous donne juste assez d’espoir pour mieux vous achever après. Ça commence toujours très doucement, un regard menaçant ou dévalorisant, un silence accusateur, une critique, une remarque blessante, méchante.  Ça vous détruit l’estime, le moral, votre capacité à réfléchir, à vous souvenir, à savoir comment vous vous sentez. Ça vous vole vos passions, vos victoires et vos joies.

Ça vous rabaisse, vous dénigre, ça vous fait peur, vous intimide physiquement, ça vous sert les poignets même quand vous lui demandez de vous lâcher, ça vous force à avoir des relations sexuelles, ça ignore vos besoins, ça ne les comble pas, jamais.

Ça vous empêche de vous confier, ça vous isole, ça surveille ce que vous dites. Ça contrôle tout, jusqu’aux kilomètres effectués, ce que vous dépensez, les médecins qui ont le droit de vous ausculter, comment vous devriez vous habiller, nettoyer, cuisiner, vous occuper des enfants…
Ça dénigre tout.

Votre corps, votre façon d’être, votre intelligence, votre humour. Ça vous fait passer après son travail, sa famille, sa mère, ses amis, ses loisirs… TOUT... Sans compter le manque de confiance en vous, le manque de respect envers vous, vos limites, ce que vous ressentez.

Ça vous tue à petit feu dans le plus grand des secrets.

Mais cet homme violent-là, vous l’aimez, vous essayez de voir les bons côtés, vous êtes une fille résiliente, vous essayez de rester heureuse, malgré tout. Vous le savez qu’il vous fait mal, vous lui dites, mais vous vous exprimez mal : « Arrête! Tu me détruis », mais vous n’êtes pas claire.
Vous le savez, qu’il vous blesse avec ses critiques, que vous n’arrivez jamais à lui parler de ses problèmes à lui, et ça vous revient toujours sur les épaules. Vous l’avez provoqué, il est fatigué, impatient, trop préoccupé, stressé, c’est à cause de vous, vos enfants, sa job, mais jamais de la sienne. Il vous dit que vous vous souvenez mal, que LUI, il se souvient, fac’… Vous le croyez! Vous ne devez pas bien vous souvenir, finalement.

Vous essayez de le comprendre, de mieux communiquer, de l’aider, vous lisez des livres, vous faites attention, vous lui proposez une thérapie, vous pardonnez, vous l’aimez. Vous n’avez plus la force de vous affirmer, vous achetez la paix, vous fuyez, vous ne voulez juste plus souffrir, vous vivez dans le déni,  vous enfouissez les événements les plus traumatisants au fond de vous.

Et puis, un jour vous avez un enfant, vous n’êtes plus capable d’en encaisser autant, pis vous voulez le protéger LUI, la chair de votre chair, fac’ vous vous affirmez plus, vous mettez vos limites...
Pis là… Tout s’empire… Le cycle de la violence devient de plus en plus fréquent, il vous fait de plus en plus mal, il va de plus en plus loin, il s’excuse de moins en moins, vous dit que vous ne faites jamais rien de bien, que vous n’en faites jamais assez, que si vous n’avez pas assez d’estime pour encaisser ce qu’il vous dit, ben vous êtes trop fragile, ce n’est pas son problème. Vous minimisez jusqu’à en accumuler tellement qu’un jour, il arrive quelque chose et là? Ça vous pète dans la face! Pis quand ça arrive, vous vous rappelez que ça fait un an que votre amie vous dit que vous vivez de la violence psychologique, pis là, vous commencez à la croire…

Ouais, c'est vicieux la violence... Vous ne vous en rendez pas compte pis à un moment donné, vous réalisez que ça fait des années que vous en vivez. Mais, t’sais, c'est l'ignorance qui fait que vous endurez autant… C’est que vous ne saviez pas reconnaître la violence (dans tous les sens du terme), ON ne la connaît pas.

Mais savez-vous ce qu’il y a de beau là-dedans? C’est que maintenant vous savez, vous la reconnaissez! Et vous savez ce qu’il vous reste à faire. Faites-vous ce cadeau-là, offrez-vous une nouvelle vie, pour vous premièrement pis pour vos enfants. Sortez de ce milieu toxique qui vous tue à petit feu, parce que c’est pas une vie ça. Maintenant vous savez.