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Le quatrième enfant est-il de trop?

Crédit photo : Arthur Rackham/Pixabay
Le quatrième enfant est-il de trop?

Crédit : Montage Jacinthe Laporte/Facebook

C’est ainsi que j’ai annoncé la venue de mon quatrième enfant au début du mois de janvier. J’étais déjà enceinte de plusieurs mois et terrorisée des réactions des gens…

Quand j’ai annoncé cette nouvelle grossesse à des copines au tout début (quand le secret est invisible, mais trop difficile à tenir), elles ont curieusement toutes répondu la même chose : « T’es folle? » puis grand éclat de rire et des embrassades. Mais lorsque j’ai réalisé que TOUTES mes copines réagissaient de la même façon, ça m’a perturbée.

Parmi le florilège de réactions, j’ai entendu :
  • « Wow! quatre enfants? Wow! C’était-tu voulu? »
  • « QUOI? Oh! J’imagine qu’il faut te féliciter? »
  • « Ok, je pensais pas que t’étais ce genre-là… j’veux dire, rester à la maison et tout… tu ne retourneras pas travailler en télé, certain! »
  • « Hein? quatre? Trois, je peux comprendre, là… mais quatre enfants? Pourquoi?!? »
Crédit : Everett225/Depositphotos
Et aussi :
  • « Onh… une 3e fille, vous devez être déçus! Ben peut-être pas toi là, mais ton chum, sûrement! »
  • « Une autre fille? My god, watchez-vous à l’adolescence, ça va être l’enfer! »
  • « Oh pauvre ton fils! Et pauvre ton mari, ça veut dire qu’il n’aura jamais de gars à lui? Ben là, vous allez pas en faire un 5e après... »
Mise au point : mon mari est ravi d’avoir une troisième fille d'affilée, il est même soulagé. Il préférait avoir des filles, tout simplement.
 
Oui, nous avons voulu cette 4e enfant. Ce qui n’empêche pas que j’aie parfois quelques appréhensions et des ambivalences normales à toute nouvelle maternité. Les commentaires des gens les ont accentuées, je crois… (à lire, l'excellent livre de Fanny Britt Les Tranchées)
 
Crédit : Giphy

Jamais je ne me serais attendue à ce type de réactions et pourtant, Chrystelle en avait parlé dans un article. Vous vous demandez quelle sorte d’amies j’ai? J’ai de bonnes amies depuis de longues années. Des filles qui me ressemblent : des filles actives, des professionnelles qui travaillent fort et qui ont de belles carrières et mille et un projets. La plupart ont deux enfants (et ça leur suffit amplement, ai-je compris pendant ces premiers mois de grossesse…) Quelques-unes seulement en ont trois. Une seule – perdue de vue – en a eu quatre et je lui ai téléphoné pour prendre un café. Elle m’a tout de suite félicitée gaiement. Elle se rappelait de nos conversations autour des berceaux de notre premier enfant, lorsque nous étions les seules à dire que nous aimerions bien nous « rendre à quatre enfants ».
 
Aucune de mes amies n’est mal intentionnée, aucune n’a voulu être méchante… Elles ont seulement réagi d’après leur vie et leur réalité à elles. Et j’ai réalisé que les commentaires – en rafale – avaient affecté grandement mon début de grossesse et ma joie d’attendre la cigogne pour la dernière fois. Tellement, en fait, que je me suis cachée quelques semaines et je ne l’ai surtout pas dit à mes contacts professionnels ni même à mes trois frères et sœurs! Je suis moi-même une 4e enfant. Peut-être faut-il être une quatrième pour comprendre qu’il est difficile de se dire que « quatre enfants, c’est vraiment trop! »?
Crédit : illustration Arthur Rackham/Pixabay

Je me demande comment Annie Desrochers a vécu les commentaires sur son 4e bébé et que dire de ceux sur son 5e bébé, elle qui reste une journaliste active et accomplie, animant toutes les fins d’après-midis à la radio de Radio-Canada et qui écrit des livres en plus!
 
Ce que j’ai réalisé à travers cette expérience? C’est que j’étais trop perméable aux regards des autres sur moi. J’ai vu la poule pondeuse que j’étais devenue dans leurs yeux et j’ai cru que des plumes m’étaient réellement poussées au cul…
Crédit : Alexas_Fotos/Pixabay

J’ai vraiment cru pendant quelques semaines que ma vie professionnelle était sûrement finie et que jamais je ne poursuivrais mes rêves de carrière… But watch me go!

Je me demande si ma venue (désirée) a autant affecté ma mère… Réponse : « c’était la même chose dans mon temps, ma cocotte, mais jamais je ne t’ai regrettée! »

Awwhhh… Maman...