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Ma fille est douée... À l'aide! - Partie 1

Crédit photo : AnnaAiva/Shutterstock
Ma fille est douée... À l'aide! - Partie 1
J’ai souvent voulu écrire sur ça.  Et autant de fois, je me suis ravisée. C’est un sujet délicat et souvent, c’est mal perçu. Alors, j’essayerai, du mieux que je peux, de vous partager ma vision. Je ne suis pas une pro du domaine, mais je peux certainement raconter ma petite expérience.

Ma fille est douée.  Et franchement, derrière ce diagnostic se trouve beaucoup beaucoup de larmes, de remises en question et de grands questionnements. Parce qu’avant d’en arriver à une évaluation, il y a eu de longues tempêtes coupées par des accalmies qui, chaque fois, me faisaient douter de ce que je venais de traverser.

Ma fille ne gagne pas de grands tournois d’échecs et ne complètera pas un bac en maths à 12 ans.  J'dis ça, parce que c'est plate, mais quand on parle de douance/haut potentiel/surdouance, ça arrive souvent que les gens pensent à ça.  

Oui, elle est devenue propre seule. Elle « s’auto-disciplinait ». On la voyait assise sur la chaise de retrait et il fallait trouver le dégât. Avant ses 2 ans, elle faisait des phrases complètes. Toute petite, elle faisait de l’humour au deuxième degré. On a découvert qu’elle savait lire au début de la maternelle.  Personne ne lui avait enseigné.    

Mais sachez qu’il existe un côté dark à la douance et nous, c’est surtout ça qu’on a vécu.  Y’a comme un décalage entre le cerveau de Rose et son corps. Dans sa tête, elle a 11 ans. Dans son corps, elle en a presque 9. Jeune, elle vivait des frustrations. Sa tête voulait faire quelque chose que ses petites mains n’arrivaient pas à accomplir.  À trois ans, elle était prête pour l’école et a dû patienter jusqu’à 5 ans. Une période où on a connu beaucoup de crises de colère.

Le côté dark de la douance de Rose s’exprimait de plein de façons. Rose avait peur d’avoir le cancer.  Elle avait peur de la mort. Elle ne se faisait pas d’ami.e.s dans la cour d’école parce qu’elle recherchait la présence des adultes. Rose se mettait en colère face à l’effort. Parce qu’elle aimait « enfin » un prof, elle avait choisi qu’elle doublerait sa deuxième année.   

À la maison, on n’écoutait plus les nouvelles. Mon mari et moi menions toutes les conversations en anglais. Nous devions constamment réfléchir à la façon dont Rose allait percevoir l’info. Parce qu'elle était assez intelligente pour saisir ce qui est dit, mais pas assez mature pour le gérer émotionnellement.

Alors, elle crisait.  Et elle « gardait » ses crises pour moi.  Elle hurlait, me disait des affaires qui font mal et devenait violente. Tout ça, en plongeant son regard dans le mien et j’y lisais « aide-moi, maman ». J’avais si mal. Je n’en pouvais plus des crises, mais elle avait besoin de moi et je n’arrivais pas à l’aider. Je savais qu'elle faisait ça avec moi parce que « maman allait l’aimer, toujours ».

Je ne compte plus les fois où j’ai pleuré. Où je me suis demandé si j’étais une mère à la hauteur. Où j’ai pensé être la cause du problème.
Voir sa fille vivre avec un aussi profond mal-être, c’est rough. Et god que je me sentais incomprise avec les mille conseils non sollicités #DesGens.

J’ai finalement trouvé l’énergie de consulter. Nous avons fait évaluer notre fille et nous avons appris qu’elle était très très brillante. Mais aussi qu’elle avait un TDA, un double diagnostic assez fréquent.

Bon, ok, on a un diagnostic, mais maintenant?

À suivre!