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« Matante Cindy, c’est comme ma deuxième maman, hein? »

Crédit photo : Nadia Lévesque
« Matante Cindy, c’est comme ma deuxième maman, hein? »
Régulièrement, on me demande si mon fils souffre de l’autisme et des autres diagnostics de sa sœur. Je ne m’en suis jamais cachée, je ne serai jamais aussi présente pour mon fils que j’ai dû l’être pour ma fille aînée. Ariane demandait et demande encore beaucoup. C’est un deuil que j’ai dû faire, je ne serai jamais équitable au niveau du temps alloué à mes enfants. Mes parents ont réussi cet exploit d’être justes envers ma sœur et moi, mais moi, je n’y arrive pas.

Est-ce que Justin en souffre? Je ne crois pas. Est-ce que ça l’a dérangé par moment? Sûrement! Est-ce que notre famille est idéale? Pas du tout, mais quelle famille l’est? Chaque cocon familial a son histoire et certaines réalités sont plus tristes que la mienne. Être parent, c’est faire son possible avec ce que l’on a à offrir et quand ce n’est pas possible, d’aller chercher de l’aide.

Justin, c’est mon fils. Nous sommes très proches, mais je partage son éducation avec ma sœur. Elle n’a pas d’enfant et c’est probablement ce qui est explique pourquoi les cadeaux qu’elle achète à mes enfants font beaucoup de bruits, exigent des batteries et sortent toujours de je ne sais où, car la publicité n’est pas encore sortie que déjà, mes enfants jouent avec. Mon fils le dit souvent : « Elle est cool matante Cindy ». Grâce à elle, mon fils fait des activités que moi je n’ai pas le temps ou l’énergie de faire avec lui.

Elle prend le temps de confectionner des décorations pour sa chambre sous le thème de Mario Bros. pendant que je prépare du matériel de stimulation pour Ariane. Elle a plein de belles attentions pour lui pendant que je veille au développement d’Ariane. Tellement qu’un soir, Justin m’a dit : « Moi je suis chanceux! J’ai deux mamans! » Je ne comprenais pas vraiment jusqu’à ce qu’il me dise : « Matante Cindy, c’est comme ma deuxième maman! Elle m’aime aussi fort que toi! »

Cet amour-là ne date pas d’hier. Justin est né un soir où il manquait de personnel en obstétrique alors c’est ma sœur qui fut mon infirmière. Elle venait tout juste de terminer son quart de soir, mais elle est revenue à trois heures du matin pour m’assister lors de mon accouchement. C’est elle qui a coupé le cordon, car mon conjoint n’était pas là. Puisqu’elle ne travaillait pas le soir suivant, elle est restée avec moi et a dormi sur un petit lit d’appoint à mes côtés dans ma chambre d’hôpital.

Depuis, elle couvre Justin d’amour, d’attention et de temps. Ce petit homme, il est épanoui, on me le dit souvent. Par contre, sans ma sœur, son conjoint et mes parents, il en serait sûrement autrement. Si Justin ne souffre pas de la situation, c’est qu’il peut en sortir régulièrement, grâce à des gens qui l’aiment vraiment.

Mon fils a raison. Matante Cindy elle n’est pas simplement cool, elle est là depuis le premier cri de Justin, et je suis persuadée que chaque fois qu’il aura besoin d’elle, elle sera là pour lui, car elle l’aime autant que je l’aime.

Merci ma sœur.