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La maternité et les changements qu'elle apporte : faire la paix avec son acné

Crédit photo : Fancycrave/Pexels
La maternité et les changements qu'elle apporte : faire la paix avec son acné
Étant ado, j'étais la meilleure amie de la fille populaire de l'école. Elle avait tout, un beau corps, des sous et le droit d'amener des garçons à la maison. De mon côté, je n'avais ni un corps hors du commun (juste une grosse poitrine), surtout pas de sous et encore moins le droit d'amener des garçons à la maison, oh que non. Mais on me disait que j'avais une belle peau lisse et en santé.

J'ai survécu dans la jungle qu'a été mon adolescence. J'en suis ressortie blessée, mais plus forte. Ça, je l'ai su après. La fille populaire a gardé son beau corps et moi mon beau visage, jusqu'à nouvel ordre. 

J'ai travaillé en pharmacie pendant dix ans. Quelques années comme caissière et d'autres comme assistante technique. J'ai appris sur les cosmétiques au cours de cette décennie, vous comprendrez donc que ma routine de lavage et d'hydratation du visage est devenue une sorte de religion, toujours en appréciant les commentaires sur ma peau auxquels je m'étais habituée.

Combien de fois ai-je dit sur un ton un peu hautain « Je ne mets pas ça sur mon visage », en faisant référence à des crèmes en dessous de la barre des trente pièces, et j'étais loin de rouler sur l'or, croyez-moi.

Lors de ma grossesse, j'ai eu une vraie poussée de boutons, comme je n'avais jamais eue. J'en avais sur le cou, sur le bas du dos, le visage et même la poitrine. Tout le monde me disait que c'était hormonal et que ça partirait une fois l'enfant venu au monde.

J'ai accouché et les boutons ont diminué, mais ils étaient loin d'être partis au grand complet. Il en restait sur mon visage, l'endroit où j'aurais le plus voulu qu'ils disparaissent. Comme j'ai eu une pré-éclampsie, je me suis dit que c'était le stress vécu et que tout se replacerait, mais les boutons résistaient.

Je m'étais fait installer un stérilet dès que j'ai pu pour éviter une grossesse surprise, j'ai donc décidé que c'était la faute de ce dernier si l'acné persistait, et je l'ai fait enlever pour revenir au moyen contraceptif que j'avais utilisé lors des onze dernières années. Je vous laisse deviner la suite!
 
J'ai déclaré forfait à ces choses qui envahissent mon visage. Je me suis dit que si je les acceptais, ils me respecteraient un peu en prenant une place plus discrète sur mon visage. Jusque là, ça allait, la pensée positive fonctionnait.

Jusqu'au 18 août. J'ai eu la pire poussée d'acné que je n'aurais jamais pu imaginer. Ça m'a pris du cache cernes, du fond de teint liquide et en poudre pour les cacher, et ensuite, j'ai pleuré. Le maquillage a tenu le coup! Moi qui aime le maquillage naturel...

Une fois ma liste de coupables épuisée, je me suis rendue à l'évidence que mon corps a changé, tout comme ma vie. Force est d'accepter ma nouvelle réalité. Je n'ai plus le beau visage que j'avais avant, mais j'ai une enfant que j'adore, une famille bien à moi et des nouveaux projets.

J'essaie d'accepter ce que je suis, d'arrêter de regretter ce que j'ai été et d'espérer être ce que je ne suis pas. Oui, j'ai perdu ma belle peau, peut-être que la fille populaire du secondaire perdra son beau corps (ou pas, et tant mieux si c'est le cas). D'autres mamans perdent leur indépendance, leur cercle social, nommez-en. J'ai décidé de faire la paix avec ce que je ne peux pas contrôler et le sébum sur ma peau en fait désormais partie.

C'est dur pour le moral, certes, mais vaut mieux essayer de voir le verre à moitié plein qu'à moitié vide. Au moins, on a toujours nos bébés qui nous trouvent belles au détriment de notre physique, notre tenue ou tout autre aspect superficiel auxquels nous associons des modèles à suivre. Modèles qui nous ont été imposés par la société. Nous, les mamans, en avons déjà assez sur les épaules. La pression sociale est déjà assez forte. J'ai déjà entendu dire que pour être aimé, on doit s'aimer soi-même d'abord, alors j'essaie, j'essaie fort! J'accepte mes boutons, si c'est le prix à payer pour avoir mon rayon de soleil dans ma vie, je le fais sans doute aucun.

Quel deuil avez-vous eu à faire avec la maternité?