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Mon accouchement inespéré : Suivre son instinct

Crédit photo : Ana Gonzalez
Mon accouchement inespéré : Suivre son instinct
J'ai toujours tout planifié dans la vie. Même l'implanifiable. Alors lorsque j'ai su que j'étais enceinte je me suis mise à tout gérer. Comment? En lisant. En prenant les précautions proposées dans mes lectures. En posant des questions. Je pouvais presque voir les médecins rouler les yeux lorsqu'ils me demandaient si j'avais des questions et que je sortais ma petite liste écrite sur des post-its roses fluo (mes préférés).

Une fois l'échographie de vingt semaines réalisée, mon niveau de stress a diminué. Tout était en place et semblait bien se dérouler. Quel soulagement! Alors on est partis visiter les ruines mayas du Guatemala. Rien de moins! Je suis revenue ressourcée, mais un peu enflée. J'ai attribué cela à la chaleur endurée lors du voyage ainsi qu'au manque d'hydratation habituel. Rien pour me faire paniquer, car en plus je pétais le feu. Pourquoi s'inquiéter?

Le premier indice a été l'infection urinaire que j'ai eue et que les médecins ont eu de la difficulté à guérir. Ensuite, j'ai commencé à présenter des protéines dans les tests d'urine, mais considérant mes antécédents rénaux, les médecins classaient cela dans la case « normale à mixte ».

J'ai continué à enfler, surtout au niveau du visage. Une fois, j'ai envoyé un selfie de moi à mon amie de longue date et elle m'a demandé qui c'était... J'ai alors compris que quelque chose de grave se passait.

Au rendez-vous suivant, j'ai parlé de mon inquiétude de souffrir de pré-éclampsie au médecin. Il m'a rassurée en me disant qu'il n'y avait qu'un minime pourcentage de la population qui en souffrait et que mes chances étaient faibles, trop faibles. Le problème, c'est que c'est moi, la fille du 1 %. J'ai donc écouté mon instinct et j'ai changé de gynécologue. Celle-ci a été à mon écoute et a accepté de prendre mon dossier à 31 semaines de grossesse, quand même!

Contente de mon choix, je me suis présentée à mon premier rendez-vous de suivi. Tout allait comme sur des roulettes. Étant donné qu'elle ne m'avait pas vue en début de grossesse, elle ne pouvait juger de l'enflure de mon visage. On a donc mis cela en suspens.

Deuxième rendez-vous à 33 semaines, même recette, mais elle constate que l'enflure de mon visage est pire. Jusque là ça va, on garde ça en observation.

Je suis allée à mon troisième rendez-vous, armée de mes cartes cadeaux, déterminée à aller magasiner après mon rendez-vous. Il fallait marcher, en fin de grossesse, qu'on me disait.

Comme à l'habitude, mon médecin a pris ma pression tout en jasant, mais cette fois, elle a interrompu la conversation d'un coup sec pour me dire d'un ton calme et inquiet : « Madame Gonzalez, votre pression artérielle est à 200/120. Mon cœur s'est presque arrêté. Je savais que ces données étaient alarmantes. Je lui ai alors expliqué ma surprise, car je n'avais ni mal à la tête ni mal au cœur et je ne ressentais aucun étourdissement. Elle a donc suggéré d'appeler l'infirmière pour qu'elle prenne ma pression manuellement, les données allaient être plus justes.

Le regard inquiet de l'infirmière s'est arrêté sur nos deux visages et, avec hésitation, elle a dit 205/190. Cinq minutes s'étaient écoulées. C'est alors que la médecin m'a dit : « Là, Ana, calme-toi, appelle ton chum, on te transfère à l'hôpital immédiatement. Tu es en pré-éclampsie sévère! »

À suivre....