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Accusés à tort ; histoire d'un dérapage - Première partie

Crédit photo : Annie Theby/Unsplash
Accusés à tort ; histoire d'un dérapage - Première partie
On sait tous que la vie est rarement toute blanche ou toute noire. Le présent récit en est l’une des nombreuses preuves. Les prochaines lignes ne visent aucunement à condamner qui ou quoi que ce soit. Elles ont seulement pour but de lever le voile sur une situation bien particulière, afin d’aider un système à se questionner et, de manière ultime, à trouver des solutions pour y remédier. 

Il y a un moment que j’accompagne des amis très proches dans une épreuve d’une difficulté que les mots ne peuvent pas décrire. Je vis avec eux l’enfer d’une situation dont les détails donnent froid dans le dos. Je peux aujourd'hui l'affirmer avec toute la conviction que je possède : ce couple d'amis a été accusé à tort de maltraitance envers leur enfant. 

C'était une journée froide d'automne. Cette journée-là, mes amis se présentent à l'urgence avec leur bébé, qui vomit de manière répétée. À ce moment-là, celui-ci est diagnostiqué RGO sévère et on les renvoie à la maison avec un médicament habituellement prescrit pour soulager les symptômes de reflux. Malheureusement, au cours des jours suivants, l'état du nourrisson se détériore. Le médicament n'aide pas à soulager ses symptômes et ses parents s'inquiètent. Ils se présentent donc encore à l'urgence, et, cette fois-ci, on admet leur enfant à l'hôpital. 

Au cours des mois suivants, la petite famille passe la majorité de son temps entre les quatre murs d'une chambre d'hôpital, soumettant docilement leur bébé à une batterie de tests jugés nécessaires par les médecins. Ceux-ci n'arrivent pas à comprendre l'origine de la sévérité de ses symptômes.

Durant cette période, on administre plusieurs marques de préparations pour nourrisson à leur bébé, de plusieurs manières et en différentes combinaisons, dans l'espoir que son corps en tolère une. Malheureusement, mes amis remarquent que toutes les préparations entraînent sensiblement les mêmes symptômes chez leur enfant. Ils remarquent cependant une amélioration quand les médecins décident d'intégrer des aliments solides à la diète de leur bébé.

Soudainement encouragés, ils se disent que ce moment difficile arrive à sa fin. Leur réjouissance est toutefois de courte durée : remarquant les progrès du nourrisson, les médecins suggèrent d'essayer à nouveau une préparation qui avait été mal tolérée quelques semaines plus tôt. Mes amis sont réticents. Est-ce vraiment nécessaire de faire cet essai alors que leur bébé va mieux? Serait-il possible d'essayer une nouvelle préparation? Devant les questionnements des parents, les médecins les informent que s'ils ne consentent pas suivre leurs recommandations, des mesures seraient entreprises auprès de la DPJ. 

Mes amis sont sur le cul. 

Ils consentent à suivre les recommandations des médecins, car, après tout, une bonne collaboration entre eux et l'équipe médicale est essentielle au bien-être de leur bébé. 

Leur enfant recommence à démontrer des symptômes qui les inquiètent, mais ils continuent à lui administrer docilement la préparation prescrite. Jusqu'à cette nuit-là. La nuit où le bébé vomit en jets une dizaine de fois. La nuit où il a tellement de nausées que le personnel de nuit décide de lui administrer des anti-vomitifs. Ce qui s'est passé cette nuit-là, c'était plus que ce que leurs cœurs de parents pouvaient tolérer. Ils ont pris leur courage à deux mains et ont décidé d'arrêter de consentir à l'administration de cette préparation spécifique à leur enfant. 

Le lendemain, une plainte est déposée contre les jeunes parents pour refus de traitement...