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L'intimidation et le rôle des parents

Crédit photo : Ana Gonzalez /@agphotographie_
L'intimidation et le rôle des parents
Hier matin, j’ai appris une triste nouvelle par le biais de Facebook, celle de la mort tragique d’un jeune victime d’intimidation. Le jeune en question a décidé de mettre fin à ses jours, car il ne pouvait plus supporter les sévices de ses agresseurs. Car c’est bien de cela dont il s’agit, d’agressions pures et complètement gratuites.

Les raisons sont toutes aussi ridicules qu’inacceptables, incompréhensibles que dénonçables. Cela nous interpelle tous, là-dessus on est d’accord. Ce qui est moins unanime, ce sont les limites de ce qui est ou non considéré comme de l’intimidation, ainsi que les responsabilités qui nous reviennent en tant que parents et citoyens. Justement, parlons-en!

En tant que parents, nous sommes des exemples pour nos enfants. Lorsqu’on se permet de faire des commentaires qui réduisent une personne, que ce soit par rapport à sa couleur de peau, de cheveux, son poids, son âge, son sexe, son cercle social, son orientation sexuelle, son niveau économique, alouette, on envoie le message à nos petits spectateurs qu'ils peuvent se permettre de rabaisser cette personne, car si elle entre dans X catégorie, c'est justifiable.

Or, notre rôle de parent ne devrait-il pas être d’enseigner à nos enfants que : a) ces catégories sont fausses et relèvent de l’ignorance b) que chacun mérite le respect avant toute chose et de la par de tous c) que poser un geste de ce genre n’est pas sans conséquence? Ça devrait oui… Mais en réalité on en fait quoi?

Lorsque notre enfant est victime d’intimidation, dénonçons, ne nous posons pas la question deux fois et faisons-le sans prendre des gants blancs. Il en va de la santé mentale de ces jeunes qui subissent ces gestes et ces paroles chaque jour. Aller au bureau du directeur est certainement de mise, mais j’irais plus loin que cela. Il est envisageable de parler aux parents, aux amis et aux autorités concernées. Non, ce n’est pas de trop. Ce qui est de trop, c’est l’intimidation. Mes propos paraissent sans doute alarmistes, mais sommes-nous assez conscientisés sur la gravité de ce problème social? Sommes-nous devenus habitués à voir ce genre de nouvelles? Avons-nous normalisé le problème au point où il est classé dans la case « événement dramatique », sans plus? Je ne sais pas, je me le demande, je vous le demande.

À mon humble avis, ce n’est pas un événement tragique qui devrait mener les parents à une mobilisation (écrire des statuts sur Facebook ou tout autre réseau social n’est pas une mobilisation). On a une responsabilité en tant que parent, on doit faire brasser les choses à un point tel que des événements comme celui-là ne surviennent plus. C’est certain qu’on n’ira pas à coups de griffes ni à coups de bâtons sur les ravisseurs, mais je ne peux pas croire qu'il n'y a pas moyen de mettre au courant toutes les personnes concernées et qu'il n'y ait pas de conséquences pour ces actes d'intimidation.

Et si notre enfant est l’intimidateur? De grâce, ne justifions pas ses comportements, et ce, sous aucun prétexte. Parlons-lui, faisons-le demander des excuses, changeons-le d’école au lieu de déplacer la victime, enlevons-lui des privilèges, faisons comme nous voulons, mais assumons notre rôle de parent qui, même si on n’aime pas le faire, est aussi de corriger et sanctionner un comportement déplacé.

Si déjà on se concentre sur notre rôle de parent, on a fait un bout de chemin. Mais si, en tant qu’adultes, nous évitons de poser ou d’encourager des gestes d’intimidation, on avance concrètement. Car l’intimidation est partout. Dans nos milieux de travail, dans les endroits publics, dans les réseaux sociaux, à la télévision, name it!

J’offre mes sincères condoléances aux parents du jeune qui a perdu la vie sous les rails du train. Je présente mon senti aux familles de jeunes qui affrontent cette réalité quotidiennement, et vous encourage à agir. Une victime de plus est une victime de trop. Ça ne devrait pas arriver, il n’y plus de place pour la négociation ou tout autre moyen qui laisse du lousse à ce fléau. Pour terminer, je nous encourage en tant que parent à être cohérents, conséquents et surtout responsables, car ces enfants qui dorment sous nos toits sont la société de demain, rien de moins.