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La pilosité corporelle des enfants : une Américaine dépasse les bornes

Notre aversion des poils va-t-elle jusqu’à se transposer à nos enfants?
 
Je savais que l’humanité était à minuit moins une à cause du président américain, mais une de ses compatriotes s’est vraiment rapprochée du bas fond de la stupidité en épilant sans consentement les sourcils de deux enfants qui étaient sous sa garde.

Les médias nous apprenaient cette semaine qu’une éducatrice de l’État de Washington a pris la décision de changer l’apparence des sourcils de deux bambins en les épilant et les traumatisant au passage.

Déjà que les diktats de beauté quant à la pilosité (ou plutôt à son absence) sont imposés aux femmes, les poils faciaux normaux des enfants ne seraient maintenant plus de bon goût.
 
Diantre, corrigez-moi cette ligne de sourcils que je ne saurais voir! Sérieusement, ça dépasse les bornes.
Crédit : Giphy
 
Cette personne a porté atteinte physiquement aux corps des deux bambins sans respecter leur consentement et celui de leurs parents, tout cela en se basant sur la fausse idée que les normes esthétiques complètement arbitraites des adultes devraient aussi s'appliquer aux enfants.
 
J’avais ressenti un grand malaise lorsque Lourdes, la fille de Madonna, avait été shamée parce que les internautes avaient jugé ses poils un peu trop foncés et nombreux entre ses sourcils et au-dessus de sa lèvre supérieure en 2007. Elle avait 11 ans. 11 ANS!

Les jugements qu’elle a reçus cachaient difficilement l'antagonisme racial entre un esthétisme corporel blanc, aux poils plus pâles, et la pilosité des femmes racisées, plus foncée et conséquemment plus apparente.

Tout comme Cardi B la semaine dernière, j’avais aussi appris par des amies en secondaire 3 que je devais ressentir de la honte de posséder naturellement trop de poils autour du nombril, bien que les miens étaient blonds.

Je notais pourtant un changement de discours dans les dernières années quant à la pilosité corporelle des femmes. J’observais que nous passions peu à peu de la démonisation du poil vers une acception, parfois même une admiration de cette forme d’expression corporelle, comme le souligne
Myriam Daguzan Bernier.
 
Mais il existe toujours des personnes pour nous rappeler que les changements de mentalités prennent du temps. Et ça m’inquiète pour mes propres enfants.
 
Je voudrais qu’elles puissent accepter leur corps sans contrainte ou norme qui viendrait les faire douter de leur valeur. Qu’elles ne soient pas shamées par quelque chose d’aussi naturel et normal que le fait d’arborer des poils corporels ou faciaux.
 
Et même chose pour les hommes. Je me souviens de garçons du secondaire se faisant ridiculiser parce qu’ils gardaient leur tout nouveau pinch d’adolescent. La police du poil masculine, incarnée par mes amis de 14 ans, avait décidé que ce signe de puberté était odieux et ils avaient fait des pressions pour que ces jeunes se rasent.
 
Crédit : Giuliamar/Pixabay
 
Pourrions-nous enfin commencer à s’accepter physiquement et inspirer nos enfants à chérir leur corps sans juger celui d’autrui? Ces apprentissages auraient un impact social positif sur nos petits, leurs choix personnels, leurs relations avec eux-mêmes ainsi qu’avec leurs pairs!