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Vivre avec la maladie d'un proche

Crédit photo : Jim Basio/Unsplash
Vivre avec la maladie d'un proche
Depuis que j’ai conscience de mon existence, maman a toujours été malade. Elle souffre d’une maladie auto-immune qui s’attaque aux reins. Cependant, elle a toujours été une femme dynamique et heureuse. Elle n’a jamais permis que nous mettions la maladie au centre de nos vies. À travers le temps, cette idéologie est devenue une partie importante de ma personnalité. J’ai appris qu’on ne doit pas donner plus de place au négatif qu’au positif, et que parfois celui-ci peut nous permettre de grands apprentissages.

J’ai grandi là-dedans et je ne le vois pas comme un désavantage. Certes, il y a eu des périodes plus difficiles où je me demandais pourquoi nous, pourquoi elle. À travers le temps, les questions ont changé. J’ai appris à poser des questions auxquelles je peux obtenir des réponses : Quel traitement? Quels effets? Combien de temps? La dernière, je n’ai pas osé la poser, c’est elle qui l’a fait et le médecin n’a pas voulu répondre. Dans mon intérieur, il y a toujours eu mes questions à moi : Connaîtra-elle mon amoureux? Me verra-t-elle graduer? Côtoira-t-elle mes enfants? Au fil du temps, la vie nous fait cadeau de temps extra avec elle, de moments et de souvenirs.

L’aider a toujours fait partie de ma vie, de ma culture et, par conséquent, de ma façon de vivre. Je ne sais que faire cela, prendre soin des gens. J’en ai même fait ma carrière. Lorsque j’ai eu ma fille, je me suis questionnée sur la manière dont je gérerais tout cela. Les soins et l’énergie qu’exige un enfant sont assez demandants à la base. Heureusement, pendant les premiers mois de vie de ma fille, il n’y a pas eu de moments majeurs en lien avec sa maladie. Ce n’est qu'après que le Goliath du cancer est venu cogner à notre porte.

Depuis que je suis maman, j’ai dû apprendre à gérer mon énergie et à avoir un horaire. Sans cela, je n’y arriverais pas. J’écoute mon corps et je ne le pousse pas à aller plus loin que ce qu’il peut encaisser. J’ai aussi appris à demander de l’aide sans me sentir coupable. C’est ce qui est le plus difficile à faire dans mon cas, car j’avais tendance à vouloir tout faire. Je vais aussi voir quelqu’un à qui je peux parler de TOUT. Je dis à cette personne tout haut même les petites pensées que je me sens coupable d’avoir, et c’est très libérateur.

Maman continue à nous guider avec sa bonté et son savoir-vivre. Elle nous rappelle constamment d’accepter les choses qu’on ne peut contrôler et de les vivre du mieux qu’on peut. Dernièrement, elle a peur, la maladie s’en prend à elle sans merci. Les dimanches, quand je vais la visiter avec ma fille, c’est une vraie cure. Elle rit et passe du bon temps. Les enfants sont magiques, ils dédramatisent tout et ont une sensibilité étonnante. Du haut de ses 22 mois, ma cocotte lui tient la marchette lors de ses déplacements dans la maison pour l’aider, elle partage ses repas et lui placote en gazouillis. C’est sa façon à elle de contribuer, et c’est beau.

Pour ma part, je tente de vivre au jour le jour et de me ménager. Fini les drames à la télé et les sujets lourds à table. J’ai besoin de positif dans ma vie. J’essaie d’apprécier le moment présent et d’être reconnaissante du temps que j’ai avec elle. Combien de gens n’ont pas eu cette chance? Ce n’est pas facile, mais il faut continuer de voir le verre à moitié plein au lieu de le voir presque vide.