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Pleurer entre un balai et un torchon

Crédit photo : jackmac34/Pixabay
Pleurer entre un balai et un torchon
J’ai pleuré.

Les enfants n’étaient pas là, mon chum était malade et j’en ai profité pour faire le ménage comme c’est plus facile dans le calme. 

Le ménage, encore. Le ménage, toujours

Les mêmes jouets qui traînent un peu partout dans la maison, la même poussière qui s’accumule, les mêmes miettes qui ornent le plancher. Rien de spécial, juste une journée ordinaire. Un deux heures normal dans ma fin de semaine qui ne me dérange pas normalement.

Mais cette journée-là, j’ai fait mon ménage le cœur lourd. J’en avais marre, tellement marre. Mais si je ne le faisais pas, ça allait juste s’accumuler encore

J’ai donc sorti le balai et les brosses. Les torchons et les bouteilles. Et j’ai nettoyé, encore.

Et j’ai pleuré. 

Parce que c’était la routine. Et parce que depuis que je suis maman, je n’ai plus d’autres activités. Je me suis rendu compte que sans ménage, une journée seule à la maison, je ne saurais pas quoi faire. J'ai abandonné mes anciennes activités par manque de temps.

Et j’ai pleuré.

Et je m'en suis voulu, parce que si mon grand problème c'est le ménage — pas la santé ni les finances — je n'ai pas le droit de me lamenter. C'est juste du bordel, bordel.

Et j'ai pleuré quand même.

Et je me suis promis d’aller fouiller dans les boîtes de mon ancienne vie pour retrouver un peu de couleur, un peu de moi, entre deux traces de poussière grise et de taches beiges.