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La chronique de Denise Bombardier ou le festival de la grossophobie et de l’âgisme

Crédit photo : StockSnap/Pixabay
La chronique de Denise Bombardier ou le festival de la grossophobie et de l’âgisme
Dans sa chronique du Journal de Montréal parue le 30 juin dernier, madame Bombardier a atteint un niveau inquiétant de déconnexion avec le monde dans lequel elle vit. Un passage en particulier m'a fait saigner des yeux : « Ils sont peints sur des corps beaux, hideux, gracieux, lourdauds, déformés. Bref, des corps en très grand nombre mal proportionnés pour recevoir ces « œuvres d’art », ces graffitis souvent des atteintes à l’esthétique. » Quelles belles phrases remplies de préjugés, un si beau message pour l'acceptation de soi et la diversité corporelle!

Ah et puis : « C’est ce qu’oublient les filles qui affichent leur poitrine recouverte de grands papillons aux ailes déployées et qui, lorsqu’elles seront sexagénaires, s’affaisseront sur des chairs froissées. Les hommes au cou tatoué d’un python se retrouveront avec un serpent non plus triomphant, mais pendouillant. » Sérieusement? En 2018, utiliser comme argument contre le tatouage la crainte du vieillissement du corps est pour moi une preuve patente d’un refus d’évoluer. Mais qu’est-ce qui a bien pu pousser cette personne pourtant fardée de diplômes à étaler un argumentaire aussi peu étoffé et si empreint de jugement? C’est à n’y rien comprendre…

Qui regrette et pourquoi?
Oui, il y a des personnes qui regrettent un jour ou l’autre leur tatouage, mais est-ce réellement pour les raisons archaïques et passéistes évoquées par notre chère polémiste?

Selon Guillaume Ricard, tatoueur de Shawinigan, la principale raison qui fait que l’on regrette un tatouage, c’est l’indécision. Celle-ci mènerait à des décisions trop rapides et donc insuffisamment réfléchies.
Le choix de l’artiste tatoueur y serait aussi pour beaucoup dans les cas de regret. Choisir un tatouage à rabais, c’est choisir une encre qui bave et qui s’estompe en plus de courir le risque de faire affaire avec un dude qui n’a jamais vraiment fait ça et qui ne possède pas le talent requis.

Entretenir son tatouage pour ne rien regretter.
Il faut savoir prendre soin de son tatouage également, ce qui n’est pas à minimiser. On retrouve dans un article de l’Express Style plusieurs judicieux conseils pour augmenter notre niveau de satisfaction face au vieillissement d’un tatouage comme le protéger du soleil ou choisir un endroit du corps peu susceptible de connaître de grosses modifications.

Contrairement à la croyance populaire, le vieillissement ou l’expansion de la peau tatouée ne donne pas toujours de si terribles résultats. Quoi de plus attendrissant qu’un tatouage « For ever 18 » sur une peau striée par le temps et les grossesses?

Pas seulement esthétique, le tatouage
De plus, le tatouage, même s’il peut effectivement être une mode, est aussi thérapeutique, identitaire, social et historique. Donc non, madame Bombardier, il n’y a pas que des dragons, des papillons et des têtes de mort qui sont tatouées de nos jours… Du tatouage tribal jusqu'aux aquarelles en passant par l’abstrait, le gothique, le biomécanique, l’old et le new school, le polynésien, le celtique, le réaliste, l’asiatique et le pointillisme, il y en a pour tous les goûts, toutes les peaux et surtout… TOUS LES CORPS.

Pour quelle raison avez-vous ou n’avez-vous pas de tatouage?
 
Pour aller plus loin :
Denise Bombardier, « La saison des tatoués » : ici
Origines et descriptions des tatouages : ici
Guillaume Ricard, « Comment prédire si on va regretter un tatouage » : ici
Prendre soin de son tatouage : ici
Des « vieux tatoués » inspirants : ici