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Le vide intermittent

Crédit photo : Ben Blennerhassett/Unsplash
Le vide intermittent
« Toi, t’as le meilleur des deux mondes : une fin de semaine sur deux, tu es en vacances! »

Comment vous dire ce que cette phrase, qu’on m’a si souvent répétée, provoque en moi…

Tout d’abord, mettons les choses au clair : je suis SEULE pour faire les tâches de DEUX PARENTS, et ce 12 jours sur 14. Donc, ces deux petites journées que vous imaginez idylliques servent, avant tout, à « tenter » de reprendre le dessus sur l’amas de tâches qui m’attend.  Ainsi, contrairement à ce que plusieurs peuvent s’imaginer, je ne me prélasse pas jusqu’à 11h, au lit, le samedi matin (ni le dimanche, au fait!). J’ai fort probablement mis l’alarme afin de me lever tôt, histoire de maximiser ce temps.

Parce que oui, entre deux tâches, il faut aussi que je trouve du temps pour essayer de maintenir – ou retrouver – la forme. Que je passe chez le coiffeur, parce que très nécessaire. Que je fasse les 1001 courses qui s’alignent sur ma to do list. Bref, je dois condenser toutes ces choses en deux petits jours, car impossible pour moi, par exemple, de passer à la pharmacie une fois les enfants au lit.

Et si ce n’était que des tâches.

Voilà que plane, sur ces deux jours de « congé trépidant », un sentiment qui nous prend à la gorge dès que la journée tire à sa fin et qu’on se permet une petite pause : la SOLITUDE.

Elle nous tombe dessus sans crier gare, comme une roche au coeur. Cette fichue solitude qui nous rappelle que nous ne sommes pas avec nos enfants, non pas parce qu’ils sont chez les grands-parents pour le week-end, mais bien parce que notre rêve de famille nucléaire a pris l’eau. Et que le conjoint a largué les amarres du même coup. Que l’on a bel et bien des ami.e.s, mais que la plupart sont avec leur conjoint.e et leurs rejetons. Nous avons beau nous efforcer de planifier un souper qui nous ferait plaisir, prévoir une série à écouter qui nous attend depuis longtemps, malgré tout, la tristesse ressort… au même rythme que notre épuisement.

Et quand nous allons dormir, en passant devant la chambre vide des enfants, on se dit qu’on échangerait toutes nos « fins de semaine de congé » pour être avec notre famille, où deux parents se passent le puck, 14 jours sur 14.