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Devenir papa et se lancer en politique : Entrevue avec Alexandre Leduc - Partie 1

Crédit photo : Alexandre Leduc/Instagram
Devenir papa et se lancer en politique : Entrevue avec Alexandre Leduc - Partie 1
C’est la troisième fois qu’Alexandre Leduc se présente aux élections provinciales dans Hochelaga-Maisonneuve, sous la bannière de Québec solidaire. Mais cette fois-ci, c’est un peu différent, puisqu’il est devenu papa récemment. À peine sorti de son congé parental, il a troqué les couches pour les pancartes, et réfléchit aux manières de concilier parentalité et implication politique. J’ai discuté de conciliation militantisme-famille, de féminisme et de modèles de paternité avec lui autour d’une bonne crème glacée molle d’Hochelaga. 
 
Comment est née ton envie de t’impliquer politiquement, et de te lancer dans la course pour devenir député?
C’est d’abord le sentiment d’injustice qui m’a poussé à m’engager. De voir des gens qui souffrent (de pauvreté, de problèmes de santé mentale, ou de solitude, par exemple), dans une société aussi riche que la nôtre, ça m’indigne. Ça n’a pas de sens que l’État n’en fasse pas plus pour aider le monde. 
 
Sur le plan personnel, je viens d’une famille de la classe ouvrière, et je suis la première génération à avoir pu aller à l’université. J’ai beaucoup bénéficié des services publics, que ce soit les bibliothèques, les sorties scolaires, les CLSC : ça a façonné qui je suis aujourd’hui. M’impliquer en politique québécoise, ce serait ma manière de redonner à la société, de m’assurer que ces services publics restent en place, et même qu’ils s’améliorent. Ça m’apparaît fondamental pour donner une chance à tout le monde.  

 
Crédit : Alexandre Leduc

Crois-tu que l’expérience de la parentalité influence ta manière de faire de la politique? 
C’est certain que oui! (Même si je considère qu’il ne faut pas nécessairement avoir d’enfant pour être sensible aux enjeux liés à la petite enfance et à l’éducation) En ayant un enfant, on expérimente concrètement le manque de ressources dédiées aux familles.

Par exemple, on a eu un mal fou, ma blonde et moi, à trouver un médecin de famille pour notre fille. Et on espère toujours un appel d’un CPE. Il serait pourtant possible, avec un peu de volonté politique, d’améliorer grandement ces services, en ouvrant plus de place en garderies, ou bien en réorganisant le financement de la santé pour miser sur l’accessibilité, plutôt que sur le haut salaire des médecins. 
 
Aussi, pour moi, c’est très important de passer du temps avec ma fille et de partager équitablement les tâches familiales avec ma copine. Même si j’observe autour de moi que les pères s’impliquent de plus en plus, je remarque en même temps que beaucoup de chemin reste à faire pour lutter contre le modèle familial du père pourvoyeur et de la mère qui porte l’ensemble de la charge mentale et émotionnelle. Des discussions que j’ai eues sur des groupes de pères ont été un véritable reality check pour moi : le sexisme est encore tellement présent! J’essaie bien humblement d’adopter un autre modèle parental, où les tâches sont partagées, où je peux être moi aussi un pilier affectif de mon enfant. J’ai commencé en prenant une grande partie du congé parental, et ça continue dans ma manière d’organiser ma campagne électorale de façon à être très présent à la maison.
 
La suite de l’entrevue demain!
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