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J'ai 35 ans et je suis épuisée

Crédit photo : StockSnap
J'ai 35 ans et je suis épuisée
35 ans. Mon âge. 35 ans et toutes mes dents.
 
35 ans et une belle petite famille. 35 ans et un bon emploi. 35 ans et des amis précieux. 35 ans et épuisée.
 
Je ne sais pas ce qu’il se passe dans nos vies en 2018, mais il y a comme une folie qui nous pousse à toujours courir plus vite, avec toujours moins de temps. Au début, je gérais tout ça comme une championne. Mais depuis quelques mois, années peut-être même, je ne gère plus du tout. La routine du matin, ensuite vite vite on se rend au travail. Mais on se dépêche, il ne faudrait pas être en retard! « On se dépêche… » sont d’ailleurs des mots que je dis beaucoup trop souvent à mes enfants. Pour tout. Tout le temps. Tellement que des fois, mon fils refuse de déjeuner par peur de manquer de temps.
 
Arrivée au travail (fiou, juste à l’heure), le hamster n’arrête pas de faire tourner sa roue! « J’espère que les enfants sont corrects. Qu’est-ce qu’on mange pour souper? Je dois appeler le dentiste pour le rendez-vous des enfants! Oh non, j’ai oublié le rendez-vous chez le médecin pour le petit! Oups! je dois appeler pour mon changement d’huile! Etc, etc. »
 
Heure du lunch. Idéalement, je dois aller courir un peu. Histoire de m’aérer le cerveau. Petite course de 20 minutes. Je me douche, je mange rapidement et hop! de retour devant mon écran d’ordinateur.


Fin de la journée. Je ne sais toujours pas ce qui sera au menu ce soir. Je ne sais pas non plus qui va chercher les enfants au service de garde. Je ne sais pas non plus si le chandail préféré de la grande est propre ou bien s’il traîne dans le fond du panier à linge, en boule.
 
Je dois faire du lavage. Dans un monde parfait, 3 brassées ce soir. Je dois aussi ranger le linge. Ça doit faire au moins deux semaines qu’il est dans les paniers. Il a été plié par le passé, mais deux semaines à se faire brasser par des petites mains d’enfants à la recherche de LA paire de jeans, ça fait du dégât!
 
J’embarque dans l’auto. Appelle le chum pour savoir s’il va aller chercher les enfants, histoire d’être moins à la course. Oui. Good, je vais pouvoir m’attaquer au souper la minute où je mettrai les pieds dans la maison. Oh non, je vais partir une brassée avant. Et nourrir le chien aussi, le pauvre, il doit avoir faim!
 
La tête pleine, je roule en direction de chez moi, sans trop remarquer ce qui m’entoure. Il m’arrive souvent de me rendre compte que je suis rendue à un certain point dans le trajet et d’être surprise, tellement j’étais ailleurs dans mes pensées.
 
Arrivée à la maison. La routine du soir est repartie! Lavage, souper, devoirs, bain, re-lavage, vaisselle, dodo des enfants.
 
Il est 20h30. Mon homme et moi on s’assoit, enfin. Les jambes bien étendues sur le divan, le pyjama sur le corps et les enfants couchés. Ahhhhhh, on relaxe. Le silence. Puis, comme une envie de pleurer me prend. Pas parce que je ne suis pas heureuse, pas parce que je n’aime pas ma vie. Juste parce que je suis fatiguée. Et que je sais que demain, ben ce sera un copié-collé d’aujourd’hui. Que je voudrais tellement, mais tellement mettre ma vie de fou sur pause des fois.
 
35 ans et épuisée. Et je ne suis pas la seule. Je le sais, nous sommes tous.tes dans le même bateau. Il suffit d’en parler un peu et comme par magie, les confessions se font. Avant de craquer et de casser en deux, il va falloir faire des changements sur notre façon de vivre. Parce que parti comme c’est là, nous allons tous.tes tomber comme des mouches.
 
Comment avez-vous vécu votre trentaine et tout ce qui vient avec?