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Ce que j'aurais voulu dire à ma grand-mère à propos de la mort de nos enfants

Crédit photo : od Long / Unsplash
Ce que j'aurais voulu dire à ma grand-mère à propos de la mort de nos enfants
La période des Fêtes est propice aux rassemblements familiaux. Étant âgée de 36 ans, je n'ai plus la chance de compter mes grands-parents parmi nous lors de ces rassemblements. 

J'aimerais pouvoir les côtoyer encore, en particulier ma grand-mère maternelle. D'abord parce que je l'aimais profondément, mais aussi parce qu'il y a des sujets que je regrette de ne pas avoir abordés avec elle. Probablement par crainte de la blesser, ou parce que je ne réalisais pas complètement l'ampleur de ce qu'elle avait vécu.

Comme moi, ma grand-mère a perdu un enfant en bas âge. Il avait 6 mois lorsqu'il est décédé d'un problème d'inclusion intestinale. À cette époque, la médecine était moins évoluée et les professionnels de la santé n'ont pas été en mesure de le sauver. Par contre, je ne connais pas exactement les raisons qui ont mené à son décès, ni comment ma grand-mère a vécu son deuil. Tout ce dont je me rappelle, c'est qu'elle semblait toujours très émue lorsqu'elle effleurait le sujet, même si plus de cinquante ans s'étaient écoulés depuis.

Il y a près de quatre ans, ma fille est décédée subitement alors qu'elle était âgée de 2 ans et 7 mois. Elle était polyhandicapée, mais elle devait vivre beaucoup plus longtemps. Comme pour ma grand-mère, l'histoire n'aurait pas dû se terminer ainsi.

Ma fille n'était pas encore née lorsque ma grand-mère est décédée. D'ailleurs, je n'avais pas encore d'enfant. Je regrette de ne pas lui avoir posé des questions sur la perte de son fils alors que j'en avais la chance. Je craignais de la blesser, mais je réalise aujourd'hui qu'elle aurait probablement apprécié me parler de son garçon, de son vécu avec lui et de son deuil. De mon côté, j'aurais peut-être été mieux outillée pour vivre mon propre deuil. 

J'aimerais également pouvoir lui raconter la vie et la mort de ma fille, puis la prendre dans mes bras en lui disant que je peux imaginer la peine qu'elle a ressentie et qu'elle ressentait probablement toujours face à la perte de son fils. 

En ce temps des Fêtes, prenez du temps avec vos grands-parents. Ecoutez-les raconter leur histoire, posez leur des questions ou profitez simplement de leur présence. C'est tellement précieux!