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Avoir un conjoint malade : les soins palliatifs

Crédit photo : Véronique Theworst
Avoir un conjoint malade : les soins palliatifs
Depuis quelques années, je sais que mon conjoint a une maladie incurable. J’ai également fait le choix de rester avec lui et d’avoir des enfants. J’ai déjà écrit quelques textes sur le sujet (le diagnostic, les enfants, le quotidien et le stress).
 
Malgré le pronostic défavorable, malgré ma compréhension de la maladie, je pensais avoir plus de temps avec l’homme que j’aime. Malheureusement, sa vie tire à sa fin, mon conjoint vient d’être admis aux soins palliatifs.

Lorsqu’on arrive à ce moment de notre vie, quelques choix s’offrent à nous quant aux soins de fin de vie. Il est possible d’avoir des soins palliatifs à la maison (avec ou sans aide professionnelle), en centre d’hébergement ou à l’hôpital. C’est vraiment une décision personnelle selon les besoins de chaque personne et la situation de chaque famille. Nous avons fait le choix des soins palliatifs en centre d’hébergement.

L’endroit où il réside est vraiment bien, il est dans une chambre qui donne sur un cours d’eau. Je trouve l’endroit paisible lorsque je vois des morceaux de glace flotter sur la rivière devant la fenêtre. Les employés et les bénévoles sont aussi très attentifs aux besoins de mon amoureux. Même si je suis satisfaite de notre choix pour ses derniers jours, je suis triste de la situation. Je trouve difficile de voir un homme si jeune dans ce secteur du centre, alors que les autres patients ont plus de 70 ans.

J'apprécie que le centre permette plusieurs libertés aux familles. Par exemple la possibilité d’amener un animal de compagnie ou encore manger ce qu’il veut. De plus, comme le disent les infirmières, ce n’est pas une prison. Mon chum a donc pu sortir à quelques reprises lorsqu’il en avait les capacités. Il peut aussi recevoir la visite qu’il veut à l’heure où il veut (tant que cela ne dérange pas les autres patients). Le but est de rentre la personne le plus confortable possible pour tout au long de son séjour.

Le fait qu’il ne soit plus à la maison facilite aussi notre vie de famille puisque la nuit il y a des personnes qui s’occupent de lui. Ça me permet donc de dormir un peu plus entre les boires de notre bébé. 

J'ai beaucoup de peine, mais je sais qu'il est bien. Alors, pour les prochaines semaines, j’y vais un jour à la fois, une visite à la fois, un bisou à la fois.