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What Would Brassens Do? Quand les mots de 1958 collent parfaitement à 2019

Crédit photo : Photo: Wikipédia / Montage: Rachel Crustin
What Would Brassens Do? Quand les mots de 1958 collent parfaitement à 2019
Pendant que mon entourage écoute Ed Sheeran et Charlie Puth, ce qui roule dans mon auto (tu-dum-tshi), c’est souvent l’album double des plus grands succès de George Brassens. Peut-être parce que, dans le cadre de mon travail, j’écoute déjà de la pop internationale à longueur de journée, alors j’ai besoin de retrouver mes vieux chanteurs français quand j’arrive à la maison. Aussi parce que j’adore analyser les textes de Brassens sous l’angle de la société d’aujourd’hui.

Si je pouvais ressusciter une personnalité le temps d’un entretien, ce serait certainement lui. Parce que j’entends un énorme deuxième degré quand je l’écoute, mais que j’imagine qu’il était aussi un homme de son temps. J’aimerais lui parler de féminisme, de misogynie (à part, héhé), de classisme, mais aussi de réseaux sociaux...
 
 Crédit : Giphy
 
Quand je lis ce que #LesGens écrivent sous nos articles, nous reprochant à peu près tout ce qu’on dit, il y a un air qui me revient constamment en tête. « Je ne fais pourtant de tort à personne en suivant mon chemin de petit bonhomme. Mais les braves gens n’aiment pas que l’on suive une autre route qu’eux. Non, les braves gens n’aiment pas que l’on suive une autre route qu’eux. »
 
Ces mots ont été écrits en 1958, bien avant l’ère numérique. Imaginez tous les textes cyniques que Brassens aurait pu créer s’il avait eu accès à Facebook! Vous sentez-vous vraiment mieux quand vous shamez la maman qui donne du lait maternisé, ET celle qui allaite en public? Vous vous sentez supérieur.es, quand vous voyez un parent cerné jusqu’au menton alors que votre enfant fait ses nuits depuis toujours? Ça vous apporte quoi? Une fois, j’ai même placé une mise en garde devant un article sur l’allaitement pour préciser que je ne jugeais pas celles qui faisaient un autre choix. Ben il y a eu des critiques pour me dire que j’étais donc ben rushante de toujours me justifier. Peu importe ce qu’on écrit, on se fait lancer des roches (véganes et sans gluten.)
 
Il me semble que tant qu’un enfant est en sécurité et aimé, on n’a pas vraiment à juger des techniques des autres. J’ai lu beaucoup de livres sur la parentalité et vous savez quoi? Ils ne disent pas tous la même chose. Tu en prends et en laisses, selon tes valeurs, la personnalité de ton enfant et ta situation. Surtout, tu restes consciente que les autres ne vivent pas toujours la même réalité. Et qu’il n’y a pas beaucoup de parents aucun parent qui fait tout comme dans le mieux-vivre.
 
Crédit : Giphy
 
Bien sûr, il y a des thèmes universels. C’est pour ça qu’un blogue comme TPL Moms est autant suivi. Parce que ça fait du bien de voir que les autres parents sont aussi parfaits que nous dans leurs imperfections.

Nous sommes une centaine à écrire ici. Nous représentons une pluralité de situations. Des parents qui l’ont plus facile, d’autres, plus difficile. Des familles nucléaires, reconstituées, monoparentales, des parents (beaucoup de femmes) tellement résilient.e.s qui ont vécu des épreuves parfois terribles… Mais nous avons un point en commun : nous faisons de notre mieux. Je pense qu’il y a moyen de s’entraider sans distribuer nos conseils condescendants à qui ne veut pas bien l’entendre.
 
Je nous trouve courageuses d’écrire nos doutes, notre fatigue, notre charge mentale, en prenant soin de laisser les raccourcis et les clichés au vestiaire. Ce qui me désole le plus, c’est que vous devez vous aussi recevoir des commentaires désagréables sur votre parentalité. Je suis certaine que, vous aussi, vous sentez le jugement dans le regard des autres. D’aller descendre autrui sur Facebook ne vous aidera pas à vous épanouir...
 
Maintenant, si nous vous dérangeons tant que ça, vous pouvez passer votre chemin. « Non, #LesGens n’aiment pas que l’on suive une autre route qu’eux… »