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Des fois, j’aurais juste envie d'en finir

Crédit photo : unsplash.com/Verne Ho
Des fois, j’aurais juste envie d'en finir
Ça fesse dire ça n’est-ce pas? C’est pas très cute. C’est trop cru. On tourne le regard, on dit des trucs comme : « Elle a pas pris ses médicaments, elle! » ou « Cibole : va au spa, ou va t’acheter une nouvelle sacoche, ça presse! »
 
Pourquoi est-ce que c’est drôle une maman qui fait deux quiches, un pâté chinois, une soupe pis des crudités, debout dans la cuisine pendant trois heures le dimanche après-midi?
 
Pourquoi c’est drôle une maman obsédée du ménage qui passe l’aspirateur huit fois par jour?
 
Pourquoi c’est drôle un chum qui n’est pas capable de cuire un œuf?
 
Pourquoi c’est drôle une maman qui boit trop?
 
Pourquoi c’est drôle une jeune mère en boule dans sa salle de lavage, en train de pleurer pis de se taper sur la tête parce qu’elle vient d’échapper sa quiche par terre?
 
Je vais vous le dire pourquoi c’est drôle : parce qu’on en rit. 
 
Et pourtant : y’a rien de drôle. 
 
Devant notre désarroi on se fait répondre : « fais-en moins… » « Repose-toi… » Je n’en peux plus! J’ai l’impression qu’on veut m’aider en enlevant le poids d’une plume sur la charge que je traine. Je n’ai pas besoin qu’on m’aide (et surtout pas qu’on me conseille), j’ai besoin qu’on m’écoute. J’ai besoin d’empathie. J’ai besoin de réconfort.
 
Pis on va s’le dire : le réconfort c’est plutôt rare. 
 
J’ai besoin de pleurer jusqu’à ce que mes épaules en shake. J’ai besoin d’avoir les yeux baignés de larmes pis la goûte au nez pis que la personne qui m’écoute me dise : « Je comprends. C’est tough. Vas-y pleure. Ça va te faire du bien. »
 
J’avais un souper de filles hier soir, quatre mamans autour d’une table. Deux séparées qui trouvent encore ça difficile même si les enfants ne sont pas toujours là, une en congé de maternité avec une petite fille de 5 mois pis une plus grande à la maison, mais aussi (fucking important) en deuil de sa mère qui est partie trop vite et moi. 

Chacune à notre tour, nous avons vidé nos sacs. Pis on a ri en masse, mais seulement quand on sentait que c’était permis. Sinon, on s’est regardé dans les yeux, on s’est frotté le dos pis on s’est dit que demain ça irait mieux.
 
Parce que on ne veut pas lâcher, on adore nos vies, mais on veut juste avoir le droit de dire : des fois, j’aurais juste envie de me suicider.

NDLR : Si vous avez des idées suicidaires et/ou que vous cherchez de l'aide, n'attendez pas, appelez ou consultez le site cpsquebec.ca
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