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Burn-out : Savoir s’arrêter à temps

Crédit photo : Carolina Heza/Unsplash
Burn-out : Savoir s’arrêter à temps
Depuis un peu plus d’un an, j’ai un nouvel emploi dans mon domaine. Bien que cet emploi ne corresponde pas tout à fait à mes aspirations, il me permet de prendre de l’expérience et de travailler sur des projets stimulants avec des gens que j’apprécie. Mais j’ai vite réalisé que la pression allait être beaucoup plus élevée que ce à quoi je m’attendais. Que j’allais être cantonnée assez souvent à des tâches administratives en deçà de mes compétences. Que je pourrais participer à des projets intéressants et gérer mon horaire comme je l’entends, certes, mais qu’il y aurait un prix à payer.
 
Je m’en étais assez bien accommodée jusqu’à maintenant, mais depuis quelques semaines, la situation s’est dégradée. J’ai travaillé tous les week-ends pour respecter des échéances trop serrées. J’ai été happée dans des conflits interpersonnels entre des collègues. J’ai géré des fins et des débuts de projets qui se chevauchent. J’ai assisté à des réunions pénibles où des collègues mènent des vendettas personnelles et nuisent à l’esprit d’équipe et au bien de l’entreprise. J’ai été prise entre des attentes irréalistes et contradictoires, de la part de mes patrons d’un côté, et des membres de mon équipe de l’autre. Le climat de travail est devenu toxique. Et moi je me débattais pour tout gérer, tout remettre à temps, et ne pas être affectée par tout ce stress émotionnel.
 
À un moment donné, j’ai réalisé que ça n’allait plus. Bien que cela faisait un peu plus d’un an que je travaillais sous pression, je prenais conscience que cette fois-là, c’était trop. Les symptômes s’accumulaient et j’ai dû me rendre à l’évidence, si je continuais à ce rythme, je m’en allais tout droit vers l’épuisement professionnel.
 
Moi qui suis habituée à gérer plusieurs dossiers en même temps, de faire de longues journées, de travailler sous pression, je n’étais plus que l’ombre de moi-même. Je n’arrivais plus à me concentrer. J’avais toujours le goût de dormir, ou sinon de pleurer. Je me trouvais nulle et incompétente, je n’avais plus confiance en moi. J’avais des nausées et des crampes abdominales. Je faisais constamment de l’anxiété à l’idée de retourner au travail. J’avais le souffle court, une pression dans la poitrine, et soit je faisais de l’insomnie, soit je faisais des cauchemars. Un jour j’ai consigné tout cela dans mon téléphone. Quand j’ai vu la liste, c’est là que j’ai mis le holà. Je me suis dit « Ça suffit. »
 
Je me suis désistée de toutes les réunions où ma présence n’était pas essentielle. Pendant deux semaines, j’ai maintenu une activité minimale de travail, et me suis reposée autant que possible. J’ai lu des livres dans le métro pour ne pas penser aux situations conflictuelles entre collègues, qui me tournaient toujours dans la tête. J’ai annulé des activités professionnelles non nécessaires. J’ai travaillé à la maison autant que possible. J’ai fait des exercices de respiration pour ne pas penser au travail avant d’aller me coucher. J’ai parlé à mon conjoint et avec des ami.e.s, pour confirmer que je n’étais pas responsable de tout cela, que j’étais encore compétente et efficace, et que je pouvais me sortir de cette mauvaise situation.
 
Mon conjoint a pris une semaine de vacances à son travail et nous nous sommes bookés une semaine dans le sud. Pour décrocher. Pour recharger les batteries. Pour lire des romans. Pour prendre du soleil. Pour pouvoir se retrouver et se ressourcer. Les enfants iront chez belle-maman, qui sera plus que ravie de les avoir avec elle pendant une semaine.
 
Je suis heureuse d’avoir su décrocher avant. Avant de tomber. Ma mère a fait un épuisement professionnel à 35 ans, je n’avais nullement envie que ça m’arrive. J’avais vu tout ce que ça lui avait pris de temps, de repos et de thérapie pour se remettre. Il faut savoir se choisir. Il faut agir avant de s’épuiser. Avant de tomber. Et vous, avez-vous déjà eu besoin de mettre le holà dans votre vie professionnelle?